Le Niger et la France: Quand frappe la malédiction de l'uranium!
- Détails
- Créé le lundi 16 novembre 2009 00:00
- Écrit par Moussa Ag Acharatoumane
Le nord du Niger est un espace désertique, équivalent à deux fois la France. Naguère, cette région fut et demeure habitée par un vaillant peuple qui y développa la civilisation berbère. Depuis des temps immémoriaux, les Touaregs ou plus rigoureusement kel tamasheq se sont établis dans ce milieu chevauchant cinq pays dont le Mali, le Niger, l'Algérie, la Libye et le Burkina Faso. C'est ainsi qu'ils y vécurent jusqu'à l'invasion coloniale française et la balkanisation du Sahara. Les maîtres du désert vivaient en symbiose jusqu'à ce que les machines, les pelles et pelleteuses fassent leur apparition.
La quiétude dans ce vaste territoire vola aux éclats lorsqu'on y trouva de l'uranium et le fleuron de l'industrie nucléaire notamment avec l'installation de l'entreprise française pour l'exploitation de cette ressource. En effet, de puissants groupes industriels s'y sont installés avec l'accord des autorités nigériennes avec collaborant pour extraire cette ressource sur la terre des autochtones touaregs qui n'en reçoivent aucune retombée. Pire encore, ils ont hérité de cette exploitation uniquement des conséquences désastreuses. Pour dire non à cette injustice dont ils sont victimes, ils ont décidé de prendre les armes contre le pouvoir de Niamey et sa complice (la France avec Areva) et c'est ainsi que le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) a vu le jour.
Exploitées depuis quarante ans par la firme française, numéro un mondial du nucléaire dans le monde, les mines d'uranium du nord du Niger constituent une manne pour la survie des Touaregs et les 80'000 âmes de la ville d'Arlit, à proximité des sites d'extraction. Les autochtones touaregs n'ont gagné que « la poussière, la radioactivité, la pollution et des atteintes à l'environnement». L'eau qui est une ressource indispensable dans le désert d'où l'adage touareg «Aman Iman, l'eau c'est la vie» est menacé ; des puits sont pollués par l'acide sulfurique utilisé dans le traitement de la pierre, l'utilisation par les populations de ces eaux a des conséquences notamment sur les femmes et les enfants qui sont les plus exposés. On n'a entres autres constaté des maladies inhabituelles qui ont fait leurs apparitions dans la zone suite à l'arrivée de cette entreprise. A cause de la pollution de l'eau, les troupeaux qui s'abreuvent dans ces puits pollués a eu pour conséquence la perte de beaucoup de cheptels suite à des maladies, la rareté et le manque de pâturages dans les environs d'Arlite. L'air est chargé aujourd'hui de poussières de minerais hautement radioactifs, cet air est le quotidien des populations, et comme si cela ne suffit pas, les matériaux irradiés récupérés par les mineurs se retrouvent dans les charpentes des maisons ou les ustensiles de cuisine.
L'absence de dépistage ne permet pas d'établir l'ampleur de la contamination à l'uranium sur les populations. Quant aux possibles obtentions d'emplois par les jeunes touaregs dans cette usine, elles se sont stériliser lors de la première demande, l'entreprise préférant toujours faire appel à un Haoussa, un Zarma du Sud ou encore à un français venu de l'hexagone. Quant aux vergers de la région agricole de l'Aïr, classés au patrimoine mondial de l'humanité, ils sont également menacés de disparition. Tandis que le gouvernement étend les zones de prospection sans consulter les Touaregs qui y vivent, le Chef rebelle du MNJ, AGHALY AG ALAMBO appréhende la sédentarisation à laquelle est contrainte sa communauté. «Le nomadisme, c'est notre culture,» explique-t-il. «Ces gens n'ont pas l'habitude de payer l'eau, le bois, l'électricité. Dans les villes, tout est payant. Et s'ils n'ont pas de travail, il faut qu'ils demandent la charité devant tout le monde. Et cela touche la crédibilité de notre culture».
Le Niger tout comme la France sont tous deux responsables de la tragédie et des violations dont sont victimes les Touaregs au Niger aujourd'hui. Ils se disent des États démocratiques respectant les principes énoncés dans les différentes conventions onusiennes des droits de l'homme et aussi des différents traités relatifs au respect et à la protection de l'environnement, reconnaissant et adoptant la Déclaration sur les droits des peuples autochtones... dans la pratique, l'absence de ces obligations est de taille impressionnante, car ces nations exploitent sans tenir compte du mal qu'elles sont en train de causer aux Touaregs et aux autres populations de cette zone. Par conséquent, nous demandons à la communauté internationale de porter un œil vigilant sur cette question, et de demander à la France et au Niger de respecter les principes et les droits auxquels ils ont adhéré !!
Par Moussa Ag Acharatoumane
Les réseaux sociaux
Rejoignez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter
République Laïque de l’Azawad +
- Intallah Ag Attaher appel le monde à reconnaitre l'Azawad et condamne Ansar Adine/AQMI
- Liste des membres du Conseil de la Transition de l’Etat de l’Azawad
- MNLA à Nouakchott: seules les modalités d'organisation de l'autodétermination sont à discuter
- Avec le prochain gouvernement Azawadien, l'histoire en train de s'écrire en lettres d'or
- Que valent les propos de Bilal Ag Acherif sur une république islamique de l'Azawad? Rien.